L’or Souterrain
L'Or Souterrain invite à une réflexion sur la matière, sa recherche de lumière et sa capacité de métamorphose. En utilisant la laine brute de brebis autochtones du Portugal, j'invoque un terroir et une mémoire tellurique. Cette fibre, par sa dimension archaïque et son épaisseur organique, impose un dialogue physique avec le volume.
Ma démarche avec cette série, repose aussi sur le passage à une forme de tridimensionnalité. Le tissu crocheté, de manière intuitive et non-linéaire, génère des excroissances sculpturales qui s’approprient l’espace, rappelant des structures biologiques ou minérales qui suivent une direction. Il s'agit d'une exploration de la forme "autogénérée" où le geste suit la résistance et la plasticité de la fibre.
L’insertion du Lurex au sein de cette masse de laine brute provoque un surgissement de la lumière, invitant à une forme de rêverie, un état de conscience active, proche de l'imagination active décrite par Jung, où la main et l'esprit collaborent. Ce contraste de matériaux symbolise ici la métamorphose que tout être expérimente dans son temps passé sur Terre. Je cherche à explorer le concept de la "materia prima" des alchimistes qui, ici, sous l'action du geste répété, révèle sa luminosité cachée. En utilisant la laine brute comme réceptacle et le crochet comme l’outil révélateur de lumière, mon travail interroge la frontière entre l'humble et le sacré, et tend à donner au travail manuel une portée archétypale : celle d'extraire une forme de beauté des profondeurs.
Ce travail continue à se développer dans cette série (je rajoute de nouvelles pièces) et aussi dans les prochaines, il est en dialogue avec la série Fragments d’invisibles, dont il partage la quête de visibilité et métamorphose.
Chaque pièce est unique.